Conférence humanitaire des donateurs pour la Syrie (Koweït, 30/01/2013)

Discours prononcé par délégation française composée de M. Eric Chevallier, Ambassadeur pour la Syrie, et de M. Alexis Lamek, Directeur adjoint des organisations internationales du Quai d’Orsay.

Monsieur le Président,

Je tiens d’abord, au nom de la France, à remercier Son Altesse l’Emir du Koweït pour son accueil remarquable ainsi que vous-même, M. le Secrétaire Général, pour cette importante initiative.

Il est du devoir de la communauté internationale de montrer un appui sans faille au peuple syrien, qui subit une répression d’une violence extrême depuis presque deux ans.

Vous avez rappelé la situation des déplacés syriens à l’intérieur de leur pays mais aussi des réfugiés dans les pays voisins, dont je souhaite saluer les efforts et la générosité.

Depuis deux ans, la situation humanitaire ne cesse de s’aggraver.

Tous les acteurs humanitaires doivent pouvoir accéder à toutes les populations qui ont besoin d’assistance. Il existe des principes et des règles de droit international humanitaire que toutes les parties au conflit doivent respecter. Les autorités syriennes doivent garantir un accès libre et sans entraves aux organisations humanitaires internationales. Les obstacles de tous ordres, que le régime de Damas impose, constituent une véritable atteinte aux principes humanitaires de neutralité, d’impartialité et d’indépendance qui constituent le socle de l’action humanitaire.

Nous partageons avec beaucoup, et notamment avec nos collègues belges, la volonté de souligner l’importance d’assurer un accès sans entrave aux hôpitaux et aux centres de santé, de respecter le travail du personnel médical ainsi que l’inviolabilité des structures de santé qui font l’objet de bombardements méthodiques de la part du pouvoir syrien. Il est inacceptable que la population ne puisse plus se faire soigner, de peur d’être arrêtée ou tuée, que les médecins ne soient plus en mesure d’exercer leur travail et, pire encore, qu’ils soient la cible du régime (Plusieurs dizaines ont été tués, plusieurs centaines arrêtés et torturés).

Cette conférence doit nous permettre d’avancer ensemble pour apporter une assistance humanitaire aux Syriens où qu’ils se trouvent. Il est très important de comprendre, en toute transparence, quelles sont les difficultés et les besoins des acteurs humanitaires afin d’être en mesure de les appuyer au mieux dans leur action. Je voudrais à ce titre dire que nous sommes très impressionnés par le fait que le HCR tente actuellement d’acheminer un convoi important vers le nord de la Syrie.

La gravité de la situation appelle également, à travailler avec les organisations syriennes actives sur le terrain, notamment dans les zones qui ne sont plus sous le contrôle du régime et qui ne perçoivent que très peu d’aide alors qu’elles sont soumises à des bombardements incessants. Nous devons explorer toutes les options pour faire en sorte que notre aide puisse toucher les populations les plus vulnérables et travailler avec les organisations de la société civile syrienne. La France intervient ainsi depuis des mois. Cela est possible et c’est efficace.

La France a fourni en 2012 une aide de plus de 13 M€ aux populations syriennes via les Nations Unies, des ONG, les Etats hôtes, mais également directement à des organisations syriennes comme l’UOSSM (Union des Organisations Syriennes de Secours Médicaux), aux comités révolutionnaires civils, aux réseaux de solidarité comme les comités locaux de coordination (LCC en anglais) et à l’Unité de coordination de l’aide de la Coalition nationale syrienne. Au regard de la situation actuelle, il est indispensable, qu’en complément du travail déjà mené par les Nations unies en Syrie et dans les pays voisins, il y ait un renforcement de la coordination entre les acteurs de l’aide et l’Unité de coordination de l’aide de la Coalition nationale syrienne, dont le rôle doit être reconnu en vue de couvrir plus complètement l’ensemble du territoire syrien. C’est le sens de la réunion qui s’est tenue le 28 janvier à Paris autour de la coalition. Et dans cette perspective, nous nous félicitons des toutes dernières déclarations de John Ging au nom d’OCHA et aujourd’hui du Secrétaire Général Ban Ki Moon et du Haut-commissaire aux Réfugiés.

La France soutient pleinement les efforts des Nations unies pour aider les réfugiés, notamment ceux du HCR et du PAM, et pour lever les obstacles à l’acheminement de l’aide en Syrie même, y compris pour l’acheminement transfrontalier. Nous sommes conscients de la tâche difficile de Mme Amos pour que les agences, fonds et programmes des Nations unies aient un accès meilleur en Syrie, en dépit des difficultés rencontrées sur le terrain. Je tiens à rendre hommage aux acteurs humanitaires qui sont sur le terrain actuellement pour leur courage et leur dévouement en dépit des risques encourus chaque jour.

Monsieur le Secrétaire Général,

Pour répondre à votre appel, la France a décidé ; en complément de sa participation à l’effort de l’Union européenne, d’allouer 3,5 millions d’euros dans le cadre du Plan d’intervention en faveur des réfugiés à la fois au Haut commissariat aux réfugiés et au Programme alimentaire mondial. La France entend en outre apporter un soutien financier aux réfugiés palestiniens au Liban par le biais de l’UNRWA, dont nous pourrons annoncer le montant très prochainement.

Ce soutien est complété pour l’intérieur de la Syrie par un appui au CICR de 1,5 million d’euros et pour 2,4 millions d’euros à des organisations essentiellement syriennes, en liaison avec la Coalition nationale syrienne que nous avons reconnue comme le seul représentant légitime du peuple syrien.

Au total, ces nouvelles contributions s’élèvent donc à 7,4 millions d’euros, soit environ 10 millions de dollars, pour répondre aux besoins humanitaires.

Je vous remercie.

Dernière modification : 02/02/2013

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